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Site généré par IA : les risques à connaître avant de vous lancer

Référencement, droit d’auteur, transparence, accessibilité, dépendance : ce qu’un site produit en quelques minutes par une IA peut coûter à une PME, et comment s’en servir sans se piéger.

Par Spherix StudioPublié le 5 min de lecture

Des outils promettent un site complet en quelques minutes à partir d’une phrase. Pour une PME, la tentation se comprend : c’est rapide et peu coûteux. Nous utilisons nous-mêmes l’IA tous les jours. Mais un site n’est pas qu’une page qui s’affiche, et ce qui manque à un site généré ne se voit pas le premier jour. Voici les risques, dans l’ordre où ils se manifestent en général.

Le référencement : l’IA n’est pas le problème, le contenu creux l’est

Google ne pénalise pas un contenu parce qu’il a été produit avec l’IA. Sa position est claire : l’IA est acceptable si le contenu apporte de la valeur aux lecteurs (Google Search Central).

En revanche, générer de nombreuses pages sans valeur ajoutée pour les utilisateurs peut enfreindre la politique contre l’« abus de contenu à grande échelle » (scaled content abuse), qui vise explicitement l’usage d’outils d’IA générative (règles anti-spam de Google).

Le risque, pour une PME, est plus banal qu’une pénalité : un texte générique ressemble à celui de vos concurrents, qui ont utilisé le même outil. Il ne dit rien de précis sur votre entreprise, votre ville, vos clients. Il n’a donc aucune raison de sortir devant les autres.

À retenir
Google recommande l’exactitude, la qualité et la transparence sur la façon dont le contenu a été produit. Un texte relu, corrigé et enrichi de ce que vous seul savez n’a rien à craindre.

Le droit d’auteur : à qui appartient votre site ?

C’est la question que peu de gens posent. La réponse est incertaine, et elle varie selon le pays.

  • Aux États-Unis, le Copyright Office a conclu en janvier 2025 que des instructions (prompts) seules ne suffisent pas à faire de quelqu’un l’auteur d’une œuvre. La protection n’existe que si un humain a déterminé suffisamment d’éléments expressifs, et s’apprécie au cas par cas (copyright.gov).
  • Au Canada, il n’y a pas de règle claire. Une affaire en cours, CIPPIC c. Sahni, conteste l’enregistrement d’une œuvre qui désigne une IA comme coauteure (CIPPIC).

Pour une entreprise, la conséquence pratique est simple : un logo, des textes ou des images produits sans intervention humaine significative pourraient ne pas vous appartenir au sens du droit d’auteur, et donc ne pas être protégés si un concurrent les reprend.

La transparence : ce que l’Europe exige déjà

Si votre site s’adresse à l’Europe, le règlement européen sur l’IA (AI Act) impose depuis le 2 août 2026 des obligations de transparence (article 50) (Commission européenne) :

  • un visiteur qui échange avec un robot conversationnel doit savoir qu’il parle à une IA ;
  • les fournisseurs d’IA doivent marquer les contenus synthétiques de façon lisible par machine ;
  • les hypertrucages (deepfakes) doivent être signalés ;
  • les textes publiés pour informer le public sur des questions d’intérêt public aussi, sauf s’ils ont été relus par un humain qui en assume la responsabilité éditoriale.

Pour le marquage, les outils déjà sur le marché avant le 2 août 2026 ont jusqu’au 2 décembre 2026 (règlement (UE) 2026/1744).

Avant d’ajouter un assistant conversationnel à votre site, vérifiez qu’il dit clairement au visiteur qu’il parle à une IA. Si vous l’avez construit vous-même, l’obligation vous revient.

L’accessibilité : les défauts qu’on ne voit pas

Le web est déjà largement inaccessible : en 2026, WebAIM a relevé des échecs aux critères WCAG sur 95,9 % du million de pages d’accueil les plus visitées, avec 56,1 erreurs par page en moyenne (WebAIM Million). Nous n’avons pas trouvé d’étude propre aux sites générés par IA ; mais un outil qui reproduit le web tel qu’il est reproduit aussi ses défauts.

Contrastes insuffisants, images sans texte alternatif, formulaires sans étiquettes, navigation impossible au clavier : rien de cela ne se voit à l’écran, et tout cela écarte des clients.

La dépendance : pouvez-vous partir ?

C’est notre analyse plutôt qu’un fait établi, mais elle se vérifie avant de signer. Beaucoup de générateurs de sites sont aussi des hébergeurs : le site n’existe que dans leur outil. Posez trois questions :

  1. Puis-je exporter mon site, textes et images compris, dans un format réutilisable ailleurs ?
  2. Le nom de domaine est-il à mon nom, dans un compte que je contrôle ?
  3. Que devient mon site si j’arrête de payer, ou si l’outil ferme ?

Si les réponses sont floues, votre site est loué, pas acheté.

Se servir de l’IA sans se piéger

L’IA est un excellent outil de travail. Elle devient un risque quand elle remplace le jugement. Quelques règles simples :

  • servez-vous-en pour les brouillons, puis réécrivez avec ce que vous seul savez : vos clients, vos prix, vos délais, votre région ;
  • vérifiez chaque fait qu’elle avance, en particulier les chiffres et les obligations légales ;
  • faites vérifier la technique : vitesse, accessibilité, conformité à la Loi 25 et au RGPD ;
  • gardez la main sur votre domaine, votre hébergement et vos contenus.

Ce guide donne une information générale, à jour à sa date de publication. Il ne remplace pas l’avis d’un juriste ou d’un comptable sur votre situation.

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